Les Portraits terrestres

Les Portraits terrestres sont des dessins que je réalise sur un papier à lettre ancien, d’une dimension de 25×20 cm, à partir d’un questionnaire​ transmis​ sous forme de jeu​ à une personne de mon entourage proche ou lointain — notamment mes intimes, mon environnement artistique, les gens de mon village. Le crayon à la main, je laisse résonner certains de ses mots afin de créer la rencontre d’une partie de son univers et du mien, par imprégnation. De cette première composition (la matrice), je tire un second dessin: « l’Holobionthe ». C’est un « dessin-nuage », une « empreinte », une figure ou bien un paysage composite​,​ réalisé sur support et format libre, séparément ou en un grand ensemble. Des autoportraits sont également réalisés ainsi que des dessins à partir d’œuvres biographiques, personnages littéraires ou cinématographiques.
Le principe de ces portraits en deux étapes n’est pas forcément la ressemblance directe d​u modèle, mais bien plutôt les analogies, les échos qui influencent formes et teintes, alliant nos sensibilités respectives aux mondes complexes (séduisants ou effrayants) que l’on héberge en soi.
Cette série, entamée en janvier 2023, constituera au fil des ans une grande galerie de portraits. Inspirée par le penseur Bruno Latour, elle reflète les histoires à la fois individuelles et collectives de ce, celles et ceux qui, s’intriquant les un.e.s dans les autres, se superposent en des « agencements mutuels interdépendants » — sur une Terre aux « mille plis » (constituée d’une multitude de puissances d’agir).